Les Belges proposent le plus large éventail de bières de qualité au monde. Presque 150 brasseries,
grandes et petites, produisent plus de 600 bières différentes, offrant 200 modèles de goût. Au niveau mondial,
la Belgique est perçue comme étant le paradis de la bière. Le défunt Michael Jackson,
gourou anglais de la bière, a contribué de manière inégalable à la renommée de la bière
belge au niveau mondial, rejoint en celà par tous les experts de la bière et les auteurs qui écrivent
et publient des articles sur la bière.
Qu'est-ce qui rend la culture de la bière belge si unique?
Beaucoup de faits et évènements particuliers dès le moyen âge ont été déterminants
pour le monde de la bière tel que nous le connaissons désormais en Belgique. Gruyt, le mélange
secret d'herbes pour brasser les bières médiévales a été progressivement remplacé par
le houblon en premier lieu parce qu'il joue le rôle d'un agent de conservation naturel, il prolonge la viabilité des bières.
Cependant, le houblon exige à la fois, une importante superficie de culture et énormément
de connaissances techniques. Ici, les Moines ont joué un grand rôle au moyen âge, cultivant dans leurs
jardins ce houblon tellement nécessaire à la production des grandes quantités de bière que
consommaient les anciens. De nos jours coexistent toujours quelques brasseries de moines actives.
En sortent les sublimes bières trappistes.
Au début, les brasseries laïques appartenaient à de puissantes guildes. Par la suite,
elles fleurirent dans toutes les villes et dans tous les villages, le long des cours d'eau.
En ces temps-là, les bières étaient sombres et non filtrées. Le principe de la
fermentation peu connu et mal contrôlé.
A la fin du moyen âge, l'arrivée des nouvelles boissons que sont le thé et le café,
importées des territoires nouvellement colonisé, va éclipser en partie l'engouement
à la bière. C'est aux alentours de Bruxelles, dans ce que l'on appelle le Pajottenland, que
surgit un nouvel élan pour les bières. Cette nouvelle génération fermentait
spontanément grâce à des levures sauvages caractéristiques de la vallée de la Senne.
Ces nouvelles bières régionales, appelées gueuzes, se déclinèrent rapidement
en variantes fruitées, telle la Kriek à base de griottes.
Dans nos contrées, c'est au XIXe siècle que le monde de la bière va littéralement
se développer. Outre l'arrivée de la Pils de fermentation basse et à la couleur
jaune pâle, c'est le contexte politique qui va favoriser la création de brasseries.
Dans la seconde moitié du XIXe siècle, la vie politique est dominée par la lutte entre
catholiques et non-catholiques. Comme dans de nombreuses communes, la production de bière était
la seule activité industrielle économique, le brasseur devenait fréquemment bourgmestre
de la localité. De ce fait, chaque village comptait au moins deux brasseries : l'une
catholique et l'autre pas. Même dans les hameaux d'une centaine d'habitants, les brasseries
produisaient une dizaine de bières différentes. Leurs consommations étaient uniquement locales.
Ce phénomène politico-religieux ne s'est rencontré nulle part ailleurs au monde.
Il est l'origine de la floraison de nos brasseries familiales et de la diversité de bières produites.
C'est ainsi qu'au début du XXe siècle, la Belgique comptait 3.223 brasseries et plus de 200.000 cafés.
Un café pour cinq maisons ! Depuis lors, plusieurs générations se sont succédées, mais les transmissions
de père en fils ont conduit à une culture belge de la bière unique au monde.
Brussels Beer Capital of the Worl est une ode à cette culture brassicole et, pour tout amoureux de la bière,
un guide dans cet unique paradis brassicole au monde qu'est la Belgique.


